Je veux me déshabituer du sucre

Ajouté ou caché, il est partout. Selon nos experts, il serait la cause de nombreux problèmes de santé. Découvrez nos astuces pour vous sevrer.

Le sucre serait-il devenu l’ingrédient phase de notre alimentation ? Déjà présent dans les bonbons, les gâteaux, les viennoiseries, les entremets et autres douceurs, nous en ajoutons encore dans nos boissons chaudes, nos yaourts, et même sur les fruits comme les fraises ou le pamplemousse. Sans compter son utilisation dans les plats industriels pour améliorer le goût des préparations et prolonger leur conservation. Résultat, selon une enquête du Credoc publiée en 2012, nous en consommons chaque année 25kg par habitant, soit 10kg de plus qu’au début du XXe siècle.

10% d’entre nous sont accrocs

Les spécialistes s’interrogent sur ce boom de la consommation de sucre : en serions-nous devenus accrocs ? C’est ce que suggère une étude française menée en 2007 par le Dr Serge Ahmed, neurobiologiste et directeur de recherche CNRS à l’université de Bordeaux. Nous avons comparé en laboratoire sur des rats le potentiel addictif du goût sucré à celui des drogues dures, explique le cherche. Pendant plusieurs jours, les animaux avaient le choix entre une boissons sucrée et une dose en intraveineuse de cocaïne : 90% d’entre eux ont rapidement développé une préférence quasi exclusive pour le goût sucré.

La raison ? Nous avons constaté que le sucre activait un plus grand nombre de circuits neuronaux du plaisir que l’héroïne et la cocaïne dans le cerveau. Encore fallait-il prouver que ce potentiel addictif existait également chez l’homme. C’est chose faite grâce à l’étude du Dr Belinda Lennerz, rendue publique en Août 2013. Cette scientifique et son équipe ont donné un liquide très sucré à boite à 12 volontaires. Puis, grâce à une IRM, ils ont constaté que cette boissons agissait bel et bien sur les neurones dopaminergiques du plaisir, comme certaines drogues dures.

Actuellement, selon différentes études épidémiologiques, environ 10% des consommateurs présenteraient une addiction au sucre précise le Dr Ahmed.

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En excès, cette substance nuit à notre santé

S’il nous est indispensable en tant que carburant de nos cellules et de notre cerveau, consommé en excès, le sucre peut provoquer de nombreuses maladies.

En poussant le pancréas à sécréter encore plus d’insuline, l’hormone chargée de le faire entrer dans les cellules pour ramener le taux de sucre sanguin à la normale, il finit par dérégler le métabolisme, assure le Dr Réginald Allouche, médecin nutritionniste, auteur du Plaisir du sucre au risque du prédiabète.

Cela conduit inexorablement à une prise de poids et à des problèmes de santé comme le diabète de type 2, des pathologies cardio-vasculaires, des AVC… Et même à des troubles de la mémoire, comme le suggère une étude américaine publié en Octobre 2013. S’il ne s’agit pas de se priver de douceurs, il est clair que manger moins sucré serait un gage de meilleure santée. Mais comment s’y prendre ? Découvrez les conseils de Marie-Laure André, diététicienne et auteur de l’Index glycémique, le guide minceur et santé.

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Mode d’emploi

On change de sucre

Fini le sucre blanc, il est dépourvu de minéraux et de vitamines, et son index glycémique très élevé (70) entraîne, dès son absorption, un pic d’insuline. Tournez-vous plutôt vers des produits dont l’IG est plus bas. C’est le cas du sirop d’agave. Cette sève liquide est le jus concentré d’un cactus du Mexique. Si son pouvoir sucrant est assez léger, il offre l’avantage d’avoir un IG de 15.

Autre sucre : celui du bouleau. présenté sous forme de poudre, il possède un pouvoir sucrant identique à celui du sucre blanc pou un IG de 8 !

Enfin, essayez la stévia. Ce sucre provient d’une plante d’Amérique du Sud. Elle possède du pouvoir sucrant 300 fois supérieurs au saccharose pour un IG de 0 !

Ces trois alternatives s’utilisent dans les préparations chaudes et froides.

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On apprend à réduire sa consommation

Trois semaines suffisent pour apprendre à se passer de sa saveur. Si vous aviez l’habitude d’ajouter une ou plusieurs cuillerées de sucre dans votre thé ou votre laitage, la première semaine, essayez de n’ajouter que la moitié de la quantité habituelle. La semaine suivante, le quart et la dernière, plus du tout.

Petit à petit, vous apprécierez de redécouvrir le goût naturel de ces boissons. Si vous faites de la tapisserie, même chose : les premières fois, ne mettez que les trois quarts de la quantité préconisée dans la recette, la fois suivante la moitié et enfin plus que le quart. D’autant plus si vous comptiez ajouter aussi quelques pépites de chocolat.

On décrypte les étiquettes

Lisez attentivement les lignes « glucides » et « dont sucres » sur les emballages des produits alimentaires. Les premiers sont les sucres totaux (amidon, sucre du lait, sucre ajouté, sucre des fruits…) tandis que les seconds n’indiquent que la quantité de sucre ajouté (saccharose, fructose,…).

Pour un même produit, optez toujours pour celui dont le taux de sucre est le plus bas. Ensuite, évitez les aliments qui mentionnent, parmi les premiers ingrédients de la liste : sucre, sirop de glucose et sirop de glucose-fructose.

Enfin, pour les fus ou les compotes, prenez-les « sans sucre ajouté ».

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Pour apporter du goût, on essaie les épices

Vous trouvez les aliments nature bien trop fades sans une pincée de sucre ? Et si vous y ajoutiez un soupçon d’épices ? Quelques notes de cannelle, de poivre ou de gingembre donnent du goût et permettent de diminuer, voire de remplacer, le sucre dans un laitage, une boisson chaude, un gâteau, une compote ou une salade de fruits…

En plus, les épices sont une mine de bienfaits pour notre organisme, sans apporter la moindre calorie.

On ajoute quelques gouttes d’huile essentielle

Une ou deux gouttes suffisent à relever la saveur de votre plat, et permettent ainsi d’y mettre moins de sucre. Mais attention, elles sont déconseillées aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 5 ans.

Pour agrémenter un yaourt nature, versez-y par exemple une goutte d’HE de menthe douce, d’orange ou de citron. Pour une compote, essayez les HE de menthe, d’agrume ou de gingembre. Enfin, aromatisez vos gâteaux avec une HE d’agrume, de cannelle ou de vanille.

Optez toujours pour des huiles essentielles bio (vendues en magasins diététiques).

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